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Il n’est jamais trop tard pour commencer à aller mieux

  • 22 avr.
  • 3 min de lecture

Il y a un peu plus d’un an, j’ai été placée en clinique psychiatrique pendant un mois. Cela faisait déjà des années que je me battais contre moi-même. J’essayais de remonter une pente que je descendais toujours un peu plus à travers mes dépressions.


Cette dépression a été celle de trop. En total burn-out, je n’ai plus su cacher mon mal-être à mes proches. Il a alors été décidé que je sois internée. Je luttais contre des démons trop forts. Et je vivais avec une personnalité destructrice, qui se sabote.


Je croyais alors que c’était moi, mon caractère. Je pensais être condamnée à subir ces hauts et bas, à vivre ce besoin de tout ressentir de manière extrême. À cela s’ajoutait une sensibilité élevée, elle faisait tout vibrer très fort. Les choses positives comme les négatives.


En bref, je ressentais un vide qu’il fallait à tout prix remplir. J’avais peur de m’effacer. Tous les moyens étaient bons pour combler cela, tant que je n’avais pas à faire face à cet abysse. Je me suis souvent retournée contre moi-même pour me sentir vivante.


En clinique, j’ai pu enfin souffler. J’ai pu admettre que je n’allais pas bien. J’ai aussi pu accepter l’aide proposée, j’y ai d’ailleurs passé un super moment. J’étais entourée de patients qui, comme moi, avaient arrêté les faux-semblants. Ils se montraient enfin avec leurs souffrances. J’ai alors été diagnostiquée "trouble de la personnalité limite", ou "borderline".


Enfin, on reconnaissait mon mal-être. Jusqu’ici, je l’avais attribué à une mauvaise personnalité. Cela a été une petite renaissance.


Bien sûr, je reste responsable de mes actes. Mais la structure même de mon cerveau, ou de ma personnalité, est liée à un trouble psychiatrique. Ce n’est pas quelque chose que je peux contrôler par simple volonté. Cela veut dire que je ne suis pas seule, je peux alors échanger. Je peux nommer ce qui m’a rongée si longtemps, et enfin agir. Orienter mes efforts, qui jusqu’alors, partaient dans tous les sens.


Mais vous devez vous demander ce qu’est le trouble borderline ? Il s’exprime de manière différente pour chacun. Avec des degrés plus ou moins élevés. Comme la plupart des troubles et maladies psychiatriques, il agit sur un spectre.


En quelques mots : c’est vivre avec des émotions très intenses, des émotions dérégulées. C’est craindre de manière démesurée l’abandon. C’est aussi avoir une image de soi qui fluctue énormément. C’est ressentir un vide, c’est avoir l’impression de ne pas être assez, ou de ne pas être adapté. C’est avoir peur d’être soi. Et peur de décevoir.


Dans ses formes les plus extrêmes, cela conduit certaines personnes à agir de manière très impulsive. Parfois de manière irrationnelle. À se faire du mal :  à soi-même, mais aussi parfois à ses proches. Il se déclenche à l’adolescence, souvent en lien avec des traumatismes.


Dans les jeunes années, au moment où l’identité se construit, ce trouble peut rendre la vie impossible. Et en grandissant, si nous agissons, il peut s’apaiser. Grâce à la thérapie, grâce à la remise en question, grâce aux médicaments aussi. Il peut se domestiquer, sans pour autant disparaître. Il est aussi beaucoup plus commun qu’on ne le pense. Souvent surdiagnostiqué chez les femmes, et sous-diagnostiqué chez les hommes.


Depuis, je vais beaucoup mieux. Un mois d’hospitalisation m’a fait gagner trois ans de thérapie. Je sais ce que j’ai et je comprends mieux pourquoi je réagis comme ça. Je ne suis pas anormale. Seulement un peu ébréchée et fragile aussi. Et le savoir devient ma force.


Car vous savez quoi ? J’adore aussi ressentir les choses avec intensité : vouloir dévorer la vie. Rien n’est jamais juste noir.


Je vous invite à ne jamais sous-estimer la thérapie, ni le diagnostic posé par des professionnels. Faites-vous entourer des bonnes personnes. Osez dire quand ça ne va pas, vous serez toujours gagnant !


La vie est trop courte pour aller mal trop longtemps.


Raphaëlle - 28 ans

 

 
 
 

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