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Quand la pression déborde ailleurs

  • il y a 3 heures
  • 2 min de lecture

Le travail peut parfois prendre une place bien plus importante qu’on ne l’imagine. Les objectifs, les responsabilités, l’envie de bien faire ou la peur de décevoir ne s’arrêtent pas toujours lorsque la journée se termine. Pendant longtemps, j’ai considéré cette pression comme normale. Je pensais qu’il fallait simplement tenir, avancer et ne pas trop montrer quand ça devenait difficile.


À cette période, je travaillais beaucoup et j’avais du mal à décrocher. Je pouvais quitter le bureau tout en continuant à penser aux dossiers en cours, aux échéances ou à ce que j’aurais pu mieux faire. J’essayais d’être disponible et performant, même lorsque j’étais épuisé. Je ne me demandais pas vraiment comment j’allais, tant que j’arrivais encore à fonctionner.


C’est dans ce contexte que mon rapport à la nourriture a commencé à changer. Après certaines journées particulièrement tendues, il m’arrivait de manger de très grandes quantités en peu de temps. Sur le moment, cela me permettait de couper avec tout le reste. Mais ce soulagement était rapidement remplacé par la culpabilité et le sentiment d’avoir perdu le contrôle.


De l’extérieur, rien ne se voyait vraiment. Je continuais à travailler, à voir mes proches et à faire comme si tout allait bien. À 32 ans, j’ai aussi mis du temps à comprendre que je pouvais être concerné par la boulimie. Je ne correspondais pas à l’image que je m’étais faite des troubles alimentaires, alors j’ai longtemps minimisé ce qui m’arrivait.


Le changement a commencé lorsque j’en ai parlé pour la première fois à quelqu’un de proche. Mettre des mots sur ce que je vivais m’a fait comprendre que je n’arriverais probablement pas à sortir seul de ce fonctionnement. J’ai ensuite décidé de me faire accompagner par des professionnels. Petit à petit, j’ai appris à identifier ce qui déclenchait certaines crises, à reconnaître les moments de fatigue ou de tension et surtout à comprendre ce qui se jouait derrière mon besoin de tout contrôler.


Ce travail m’a aussi obligé à revoir ma manière de fonctionner professionnellement. J’ai commencé à poser davantage de limites, à couper réellement après certaines journées et à accepter que tout ne pouvait pas être urgent. J’ai également arrêté de considérer le repos comme du temps perdu. Cela paraît simple dit comme ça, mais il m’a fallu du temps pour comprendre que prendre soin de moi ne signifiait pas être moins investi dans mon travail.


La sortie ne s’est pas faite du jour au lendemain. Il y a eu des périodes plus faciles que d’autres, mais progressivement, les crises ont pris moins de place. J’ai appris à ne plus répondre à chaque moment de stress par le contrôle ou la culpabilité et à chercher d’autres façons de traverser les périodes difficiles.


Aujourd’hui, mon rapport à la nourriture est beaucoup plus apaisé. Je reste attentif aux périodes où la pression professionnelle recommence à prendre trop de place, parce que je sais désormais reconnaître certains signaux. Ce que j’ai surtout compris, c’est qu’on peut avoir l’impression de tout gérer extérieurement tout en étant en difficulté à l’intérieur.

Demander de l’aide a été le moment où j’ai réellement commencé à aller mieux.


-Anonyme, 32 ans

 
 
 

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