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J’ai longtemps détesté mes cheveux à cause du regard des autres

il y a 32 minutes
2 min de lecture

Petit, je n’avais pas vraiment de problème avec mes cheveux. Ils étaient bouclés, assez épais et ma mère prenait du temps à essayer de les coiffer. Ça faisait partie de mon quotidien, je ne me posais pas plus de questions que ça. Jusqu’à ce que je commence à recevoir des remarques à l’école.


Je me souviens qu’on m’appelait « tête de mouton » ou qu’on comparait mes cheveux à une éponge. Certains venaient même les toucher sans me demander. Sur le moment, je rigolais avec eux, parce que je ne voulais pas passer pour celui qui ne savait pas prendre une blague. Mais franchement, ça me blessait. Surtout quand les remarques venaient de personnes que je considérais comme des amis.


En arrivant au collège, j’ai commencé à faire beaucoup plus attention à mon apparence. Je passais du temps devant le miroir à essayer de plaquer mes cheveux avec du gel. Parfois, je les mouillais juste avant de partir, en espérant qu’ils restent comme ça toute la journée. Évidemment, ça ne marchait pas. Je finissais souvent par les couper très courts pour être tranquille.


Avec le recul, je réalise à quel point ces moqueries m’avaient marqué. Même lorsque personne ne disait rien, je continuais à me trouver des défauts. Je me comparais aux autres garçons et j’avais fini par croire qu’il fallait forcément changer quelque chose chez moi pour être accepté.


C’est en grandissant que mon regard a évolué. Sur les réseaux sociaux, notamment, j’ai découvert des hommes qui portaient fièrement leurs cheveux texturés. Je me suis progressivement intéressé à leur entretien, aux différentes coiffures et à tout ce que je pouvais faire avec les miens. J’ai fini par les laisser pousser, chose que je n’aurais jamais osé faire quelques années auparavant.


Aujourd’hui, j’aime prendre le temps de me coiffer, essayer de nouveaux styles ou simplement sortir avec mes cheveux au naturel. Ce qui était autrefois une source de complexe est devenu une manière d’exprimer ma personnalité. Et ça me fait plaisir de pouvoir choisir une coiffure parce qu’elle me plaît, sans me demander systématiquement ce que les autres vont en penser.


Il m’arrive encore de repenser à certaines situations vécues plus jeune. On ne se débarrasse pas aussi facilement de plusieurs années de moqueries. Mais quand je regarde d’anciennes photos de moi, je regrette surtout d’avoir passé autant de temps à vouloir changer une partie de mon apparence qui ne me dérangeait même pas au départ.


Désormais, je porte mes cheveux comme j’en ai envie. Et si je pouvais dire quelque chose au petit garçon que j’étais, ce serait de ne jamais laisser les moqueries des autres lui faire détester ce qui le rend unique.


-Hirfane, 28 ans

 
 
 

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